DAMIEN HIRST (NE EN 1965)

Lot 159
90 000 - 120 000 €

DAMIEN HIRST (NE EN 1965)

* POLONIUM, 2010
De la série des poisons
Encre UV et fusain sur toile
Signé, titré et daté au dos
Contresigné sur le châssis au dos
Porte le cachet de l'artiste sur le châssis au dos
182,9 x 146,1 cm - 72 x 57.5 in.

UV ink and charcoal on canvas
Signed, titled and dated at the back
Countersigned on the stretcher at the back
Artist's stamp on the stretcher at the back

Provenance:
- Gagosian Gallery, Londres
- Collection particulière, New York

Près de quatre siècles nous séparent des Vanités de la Contre-Réforme mais les paroles de l'Ecclésiaste sont toujours révoltantes de vérité, même si aujourd'hui les vertus théologales semblent s'être quelque peu éloignées de l'art contemporain.
Grand prêtre en la matière, Damien Hirst redessine les contours de l'art, souvent au scalpel, en faisant s'évanouir les frontières établies jusqu'alors. Sulfureux artiste et provocateur mondial, c'est avec un flegme et un humour tout britanniques qu'il appréhende le sujet métaphysique. Avec les 8601 diamants qui constituent son oeuvre For The Love Of God, rarement un memento mori n'aura été aussi sexy.
OEuvres spéculaires de notre société, qui a paré le marché de l'art d'un luxe ostentatoire, les vanités de Damien Hirst en ont pourtant gardé la substantifique moelle: faire réfléchir sur l'éphémère et la fragilité des choses de ce monde.
A partir de 1991, l'artiste travaille sur une série constituée de cadavres d'animaux. Les bêtes, souvent coupées en deux, laissant leurs viscères apparents, sont plongées dans du formol pour être présentées au public dans de grand aquariums.
Son requin lui vaut un succès planétaire. Il est à ce jour un des artistes les plus cotés au monde.
La finitude, litanie incessante de son OEuvre, est interprétée dans un théâtre obscène, où ses oeuvres dansent une valse macabre à laquelle on ne peut être indifférent. Son art est un blasphème contre l'aseptisation et la neutralité.
Véritable icône de son oeuvre, le crâne sous toutes ses formes a été exposé à la Wallace Collection de Londres en 2009.
Avec sa série des poisons, l'artiste sérigraphie des crânes humains avec de l'encre noire UV et du fusain sur des toiles de grandes dimensions. Chaque titre porte le nom d'une préparation chimique ou d'un métal radioactif entraînant la mort.
Le nom du poison est évidemment associé à la cause du décès de la personne, dont le crâne s'offre à nos regards. Si tous les crânes sont différents, le traitement pictural est chirurgicalement le même. Comme un double fantomatique de la mortalité inscrite en chacun de nous.
Pharmacologique, immunologique, métabolique, son OEuvre est un oxymore médical. Les médicaments sont une source intarissable pour lui, de même qu'ils sont un précieux fragment de son passé puisque c'est en accompagnant sa mère faire des courses que Damien Hirst eu l'idée de rapprocher sa conception de l'art avec la médecine. Ainsi naquirent les célèbres vitrines.
«La connaissance du caractère éphémère des choses et le souci de les rendre éternelles, pour les sauver, est l'un des motifs les plus forts de l'allégorie» écrivait un jour Walter Benjamin. Nul doute que pour appréhender le temps qui passe, il convient de prendre la mort comme réelle dimension de la vie.
Inscrivant au sein de son art notre angoisse viscérale, Damien Hirst confirme le lien étroit qui unit l'art au corps médical: la médecine a même été jusqu'à donner un nom au malaise vertigineux contracté par les hommes devant une oeuvre bouleversante: le syndrome de Stendhal. L'art de Damien Hirst, antigène, s'est ainsi immiscé dans le monde de l'art: comme un vaccin.
(Sabine Cornette de Saint Cyr)
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