Simon HANTAI (1922-2008)

Lot 12
280 000 - 350 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat: 306 600 EUR

Simon HANTAI (1922-2008)

* TABULA, 1980
Huile sur toile marouflée sur toile
Monogrammée et datée en bas à droite
149,5 x 117 cm - 58.85 x 46.06 in.

Oil on canvas laid on canvas
Monogrammed and dated lower right

Provenance
- Galerie Jean Fournier (référence CF.4.0.37)
- Galerie Larock-Granoff, Paris (étiquette au dos)
- Collection particulière, Suisse

Bibliographie:
- Hantaï, Didier Semin, Art Studio n°1, 1986. OEuvre reproduite en page 21 de l'ouvrage
- Fétiches et objets ancestraux, François Neyt, Hughes Dubois, Editions 5 Continents, Milan, 2013. OEuvre reproduite en pages 176 et 177 de l'ouvrage
L'authenticité de cette oeuvre nous a été aimablement confirmée par les Archives Simon Hantaï
Un certificat des Archives Simon Hantaï pourra être obtenu, à la charge de l'acquéreur

Simon HANTAI
TABULA, 1980

D’une beauté fraîche, aléatoire et constellaire, les œuvres d’Hantaï sont une révélation picturale empreinte d’une gestuelle à la maturation lente et d’une imprévisibilité éclatante. Leur imagerie fractale délicieuse désoriente, comme pour intimer un rapprochement à celui qui les observe. Chaque fragment de couleur, autonome et relié, participe d’un ordonnancement qui vient faire danser poétiquement la géométrie ; chaque éclat de couleur procédant d’un petit miracle.
Souvenir proustien assumé, les Tabulas trouvent leurs origines dans le tablier traditionnel hongrois de sa mère mais sans doute aussi de sa découverte à Paris des expressionnistes américains, Jackson Pollock notamment, et du surréalisme (Hantaï fait déposer une petite œuvre devant la porte d’André Breton en 1952, qui le convie à exposer à l’Etoile scellée en 1953). Privilégiant le geste et le hasard plutôt que l’acte créateur et la réflexion, ses œuvres sont ainsi faites : de précision et de magie.
Le pliage, qu’il invente dès les années soixante, procède d’une méthode rigoureuse à laquelle le résultat s’abandonne. « Hantaï disait peindre comme un aveugle, sans voir ce qu’allait donner le résultat final » raconte Alfred Pacquement. En effet, l’artiste étalait la toile sur le sol de son atelier, la froissait, la pliait, la nouait, l’imprégnait de peinture. Une fois séchée, la toile était alors dépliée et aplatie, révélant un kaléidoscope monochrome ou polychrome que venait fendre le blanc, comme la lumière dans un vitrail.
Les Tabulas étaient réalisées avec une technique de nœuds placés à intervalles réguliers, ce qui offrait un quadrillage de rectangles monochromes. « Pour les grandes toiles, Hantaï attendait le retour de ses enfants ou, à défaut, demandait à des visiteurs de l’aider. Chacun tirait, c’était comme une détonation, une explosion de lumière et de couleur » se souvient Dominique Fourcade au moment de la rétrospective consacrée à l’artiste en 2013 au Centre Pompidou. Les Tabulas comprennent deux phases, la première (1974-1976) représente une trame serrée, tandis que la seconde (1980-1982) voit le carré s’agrandir et sa forme exploser.
Cette œuvre de 1980 révèle une abstraction pure, minimale, de même qu’elle invite à la rêverie, entre le jeu chromatique et celui du peint et du non-peint. La main du peintre s’est éclipsée mais le jeu interstitiel des carrés dont les rebords flottent et s’échappent vers le blanc révèle une présence planante, celle du geste originel dont la toile est le dépositaire.
le dépositaire. Deux ans après la création de cette œuvre, Hantaï sera choisi pour représenter la France à la Biennale de Venise, date à laquelle il cessera d’exposer et se retirera peu à peu du monde de l’art, laissant les musées orphelins. Mais dans le silence de son exil, l’artiste est de ceux que l’on n’oublie pas, comme le prouve l’intérêt de Larry Gagosian qui a aujourd’hui reprit l’Estate ainsi que le travail réalisé par la galerie Jean Fournier. L’exposition magistrale qu’il lui consacre l’été dernier au Bourget révèle à elle seule l’intérêt immense des plus grands collectionneurs pour le travail du peintre. Rare sont ceux qui se dépossèdent d’une de ses œuvres.
Celle-ci, entre révélation et disparition, jaillissement des couleurs et retenue de la matérialité, invite à un sentiment mêlé d’exaltation et de recueillement. Parce qu’Hantaï est un poète, qui réussit à transmuer le sensible en intelligible. L’artiste nous révèle ici le chemin qui fonde tout art, celui d’aller au-delà du merveilleux pour chercher ce qui procède de l’intelligence et de l’humilité : l’émerveillement.
(Sabine Cornette de Saint Cyr)
 
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