Fernando BOTERO (Né en 1932)

Lot 14
250 000 - 350 000 EUR

Fernando BOTERO (Né en 1932)

HOMME SUR UN BANC, 2011
Huile sur toile
Signée et datée en bas à gauche
97 x 71 cm - 38.18 x 27.95 in.

Oil on canvas
Signed and dated lower left

Provenance
- Art Plural Gallery, Singapour
- Collection particulière, Londres (acquis auprès de la galerie précitée en 2014)
Un certificat de l'artiste sera remis à l'acquéreur

Fernando BOTERO
HOMME SUR UN BANC, 2011

Ses courbes chaudes sont à nulle autre pareilles, car il est le peintre de l’opulence et de la sensualité dont la palette matinale adoucit imperceptiblement les sujets dépeints. Hommes ou femmes, tous paraissent toujours nimbés de légèreté, comme on sort d’une nuit moelleuse et sans rêves. Botero, tel un souffleur de verre, attise les formes voluptueuses dans ses toiles qu’il caresse à l’huile, dont il travaille les couleurs jusqu’à révéler la carnation de la chair toujours généreuse.
Son appétence pour l’art figuratif de même que son goût jubilatoire pour la forme et la dilatation des volumes est un paradigme très audacieux à une époque où l’Abstraction règne. Qu’importe. Le peintre, qui a décidé d’observer le monde par le prisme d’une corne d’abondance, préserve son répertoire intime : la lumière du Quattrocento et l’art populaire.
Si les institutions new-yorkaises, alors royaume de l’Expressionnisme Abstrait, lui réservent un accueil en demi-teinte, la Gres Gallery de Washington lui consacre, dès 1958, une exposition personnelle dont le retentissement sera international (le soir du vernissage, toutes les œuvres exposées sont vendues). Un an plus tard, Botero est choisi pour représenter la Colombie à la Ve Biennale de São Paulo. Quant à l’année 1960, celle-ci sera décisive puisque l’écrivain Gabriel García Márquez demande au peintre d’illustrer son texte « La siesta del Martes », qui paraît en première page d’El Tiempo (Bogota) : sa peinture fait le tour du monde. New York, cette fois, le réclame puisqu‘il y reçoit le prix de la section colombienne du Guggenheim International Award. Les œuvres de Botero ont intégré, depuis lors, les plus grands musées et les collections privées les plus prestigieuses.
Avec l’élégance qui sied à la simplicité, l’artiste se concentre sur son art et ses convictions. « L’introduction du volume fut la cause ou, disons, la révolution la plus importante qu’ait connu l’art. A savoir cette illusion de créer, sur une surface plane, l’idée d’espace, l’idée de l’existence de choses en volume » dit-il. Le volume, sous son pinceau, exprime la plasticité autant que la sensualité. L’opulence de son langage formel est quant à lui attaché aux thèmes dont les racines et l’onirisme appartiennent à l’imagerie sud-américaine, comme un lien à l’enfance dont il n’a jamais guéri.
A l’existence irréaliste, les personnages qui jonchent ses œuvres n’ont jamais de rides, ils se promènent dans ses toiles au gré de scènes quotidiennes. A cet égard, le peintre ne croque pas cette Comédie Humaine avec réalisme : il dépasse le réalisme pour s’intéresser au réel. Cet homme assis sur son banc, dans un jardin public, goûte la douce torpeur d’une fin de journée de travail. Lieu d’évasion, le banc a toujours été également un lieu de rencontre, comme le chantait si joliment Brassens. L’histoire contée par le peintre se déroule hors du cadre (y-a-t-il une autre personne assise sur ce banc ?). De lui, nous ne connaîtrons que son mystère, car les personnages de Botero portent en eux quelque chose d’interdit, d’inexprimé.
Cette œuvre incarne à merveille l’énigme qu’a fait sienne l’artiste quant à la compréhension de ses toiles, non sans malice. Avec gourmandise, son pinceau s’empare de ses contemporains. Prenez garde que son regard ne vous croise au détour d’un chemin : Fernando botérise.
(Sabine Cornette de Saint Cyr).
 
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