JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)

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JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)


*AU BOIS, 1969
Huile sur toile Signée en bas à droite
100 x 73 cm - 39.37 x 28.74 in.
Oil on canvas, signed lower right
L'authenticité de cette oeuvre nous a été aimablement confirmée par Madame Yseult Riopelle Cette oeuvre est répertoriée dans le Catalogue Raisonné de l'artiste, Tome 4 1966-1971, établi par Madame Yseult Riopelle, Hibou Editeur, Montréal, 2014, sous le numéro 1969.009H.1969 en page 183 de l'ouvrage
JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)
AU BOIS, 1969
«Dès ses premières expositions à son arrivée en France en 1947, Jean-Paul Riopelle, qui a aujourd'hui plus de soixante-dix ans, a été reconnu comme un peintre exceptionnel, un inventeur visuel et une nature. Dubourg, Pierre Loeb, Pierre Matisse, Jean Fournier, Aimé Maeght qui l'exposèrent très tôt ne s'y trompèrent pas. En 1949, à propos de ses toiles exposées au
Salon des Surindépendants, Patrick Waldberg, l'un des critiques les plus perceptifs de son temps n'hésitait pas à écrire: «Si le public et les professionnels ne souffraient pas d'un essoufflement asthmatique et d'une déperdition sans remède des facultés perceptives et sensibles, nul doute que la peinture de Riopelle n'eût provoqué aujourd'hui les mêmes remous qu'autrefois Le Déjeuner sur l'herbe, les Fauves ou les premiers cubistes. Il y avait chez tous ceux-là comme il y a chez lui cette originalité intense, cette sève débordante que rien ne peut endiguer et qui s'affirme contre vents et marées».
Plus de quarante années après, Jean-Paul Riopelle est un des derniers artistes majeurs de sa génération à n'avoir pas encore la place qu'il mérite. Pollock et de Kooning, à qui on le compara et avec qui il exposa d'emblée comme un pair, sont devenus les monuments que l'on sait. Sam Francis, son ami le plus proche des débuts à Paris, a lui aussi trouvé sa place. Riopelle est demeuré à part. Ce n'est pas tout à fait surprenant.
Riopelle est un artiste intuitif, un artiste «nature», rebelle aux classifications. Il n'entre pas facilement dans les catégories d'une époque où les classements sont indispensables à l'identification des artistes (...). Peintre gestuel et lyrique, il a toujours refusé l'association avec l'automatisme, que ce fut sous la forme américaine de l'expressionnisme abstrait ou sous la forme européenne du tachisme. Epris par-dessus tout de liberté, il reste profondément soucieux de la peinture dans sa tradition.
Peintre abstrait, il n'a jamais cessé de croire en la figure. On l'a découvert peintre d'une abstraction lyrique inspirée par la profondeur de la nature mais il a aussi produit des collages, des pastels; par la suite, des figures sont revenues hanter ses toiles et aujourd'hui il a franchement pris pour sujet les oies sauvages, les élans, hiboux et caribous de son Québec natal (...).
L'ensemble d'oeuvres des années soixante présenté témoigne de cette vitalité et de cette diversité d'une production aussi à l'aise et inventive dans la peinture en pleine pâte, l'aquarelle, le collage, le pastel, la gouache. Le travail au couteau et à la spatule est emblématique de la grande manière de Riopelle. Les grands musées possèdent, chacun, l'un ou l'autre de ces fabuleux tableaux colorés réalisés à partir de 1953, dont le foisonnement des couleurs et la lourde surface donnent une impression de lyrisme et de majesté. La couleur, pure, sortie du tube, y est maçonnée au couteau sur la surface en empreintes successives qui font du tableau une marqueterie de touches en relief. Le tableau n'est pas une surface mais une rosace épaisse au relief tourmenté. Le couteau travaille les couleurs en les plaquant comme un enduit coloré tout en donnant un mouvement d'éventail aux touches. Cela produit un effet de marqueterie ou de mosaïque en relief ou la disposition des empreintes s'organise en tourbillons qui changent de direction avec les déplacements du peintre dans la toile. Le peintre revient aussi à de grands gestes de spatule qui raclent la peinture dans le frais pour faire remonter la couleur sous-jacente qui émerge en crêtes dentelées, comme si elle avait été peignée et brossée.
On ne peut oublier une de ces phrases dont André Breton avait le secret, écrite en 1949 lors d'une exposition de Riopelle à la galerie Nina Dausset: «toutes les rosaces de cathédrales volent joyeusement en éclats. L'air est sur le point de fleurir. L'amour a tout poncé de sa pierre de foudre».
(Jean-Paul Riopelle, Les années soixante, La rêverie de la nature, Extraits, Yves Michaud, 1994)
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